Repousser les limites du handicap
L'Avion qui défriche le ciel déchiffre les énigmes de la terre

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Quoi de plus grisant que de sentir l’avion qui réagit ...

Daniel RENAUD

Je commencerai par remercier :

  • Dorine BOURNETON qui, par la lecture de son livre, m’a donné l’envie de connaître l’aéronautique et a même attisée ma curiosité.
  • Patrick TAILLEFER avec qui j’ai effectué mon premier vol. Formidables sensations de découvertes. Mais si la possibilité d’être élève pilote ne s’avéra pas réalisable, l’encouragement à persévérer dans le vol accompagné me stimula dans le désir tout neuf que je venais de ressentir : se faire plaisir dans la troisième dimension.
  • Alain CHARPENTIER qui me fit connaître la joie, mais aussi la rigueur des premiers apprentissages accompagnés des premiers survols de paysages typiques de notre région : la baie de LA CIOTAT et lors d’une journée où le F-GAKO nous mena à GAP.
  • Jacques KERZONCUF dont la passion, la sérénité et la pédagogie me font découvrir et progresser, selon mon propre rythme et mes désirs : pilotage, navigation, atterrissage, décollage... ainsi qu’en théorie, à travers les différentes questions que je lui pose ou que lui me pose.
  • Claude SULPICE, par les deux vols que nous avons effectués ensemble, m’apporta, lors du premier, la sensation peu courante et particulière de survoler des gorges au-dessus du VERDON avec un tour du lac de STE CROIX, qui me permit de voir MOUSTIER STE MARIE de haut, moi qui ne l’avais visitée que du sol. La deuxième fois nous amena sur le terrain de VINON, j’y découvris les ateliers et pus voir des avions entièrement démontés, dont un RALLYE 100 comme le F-BULK, expérience très instructive.
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Tout cela m’amène évidemment à évoquer les plaisirs et les sentiments.

La manipulation d’une machine dans les airs donne toute autre impression, que les engins terrestres. Quoi de plus grisant que de sentir l’avion qui réagit entre ses mains : virages, montées, descentes, auxquels s’associe la vision privilégiée du monde vu d’en haut, merveilleux petit puzzle dans lequel on apprend à se repérer - pas toujours évident - les premières fois avec Alain j’avais confondu la DURANCE à sec en un endroit, avec l’autoroute Hé ! Oui !

Moi je cherchais de l’eau ! - lacs, barrages, cours d’eau- avec ou sans eau - villes et villages, dont certains caractéristiques par leurs églises : ST-CANAT, LAMBESC...

S’ajoute en plus pour moi le sentiment d’être dans un petit cocon évoluant dans l’air. Mais, il ne faut pas rêver et garder toujours l’œil vigilant, on doit avoir à l’esprit le principe <>. N’oublions pas le regard aux instruments de bord aussi bien comme aide et parfois nécessité pour la navigation et le respect des règles, que pour le pilotage et la bonne marche de l’avion. La carte que nous devons également consulter pour vérifier l’exactitude des repères au sol, du cap à suivre, s’aider au repérage... Quant aux messages radio, ils doivent faire l’objet d’une attention soutenue.

Donc l’engendrement d’un petit stress et toujours d’un peu d’humilité, quand on ne sait pas trop comment réagir, se retrouver ou ne pas savoir répondre à ce que nous demande le commandant de bord. Mais, ceci doit être vécu. Hé ! Non ! Je ne suis pas maso, mais l’aéronautique sans un peu de travail n’apporte pas de plaisir. Même les prévois sont à vivre à mon avis comme des prémices aux plaisirs futurs.

Autre facteur important, avant d’entrer et même après être sorti des airs, on continue à voler beaucoup dans sa tète. L’étude des cartes aéronautiques, cartes VAC, complément aux cartes aéronautiques nécessaires à la préparation d’un vol, nous transportent déjà ailleurs, alors que le regard sur la check-list même à la maison, et certains documents concernant l’appareil, nous installent presque dedans.

Je ne remercierai jamais assez Jacques de me donner tous ces documents. Quant au <>, indispensable livre de chevet, qu’il faut lire et relire, il alimente notre esprit de manière à voler et non pas planer - rien à voir avec le planeur bien entendu – En plus, avec Jacques, notre plaisir commun, qui nous fait réfléchir à des améliorations possibles.

Mais voler, c’est aussi s’imprégner de souvenirs à travers les rencontres et surprises que le hasard - non pas du vol, car un vol ne doit jamais être hasardeux - nous présente sur le parcours : je me souviens du premier gros oiseau, que Alain me fit voir le jour de notre retour de GAP, il se dirigeait vers nous. Une autre fois, j’eus la joie d’en voir un moi-même avec Jacques, quand nous revenions du terrain de la FARE LES OLIVIERS. Sur ce même terrain, alors que Jacques me faisait découvrir les premières joies et émotions de l’atterrissage et du décollage, nous venions de décoller, quand soudain la PATROUILLE DE FRANCE, à distance bien visible vira devant nos yeux - le Président de la République ne la voit que le 14 Juillet au-dessus des Champs-Elysées et qu’en ligne droite. Un autre jour, aux MILLES, avec Jacques, nous étions en vent arrière et un PELICAN nous doubla - pas courant, dans une vie, un coucou de PELICAN.

Et cependant, parfois le découragement est aussi au rendez-vous. La sensation y est, mais pas toujours la compréhension, particulièrement pour le pilotage. Mais également pour la théorie, pas toujours évident de retenir par cœur les symboles météorologiques ou d’autres paramètres divers- ça me rappelle le temps des tables de multiplications à apprendre, sans la musique bien sur !

L’aéronautique c’est une école d’humilité et d’exigence - je l’ai lu et entendu. On ne nous injecte pas des connaissances, il faut les apprendre et persévérer. Alain me disait au cours de nos premières rencontres : <>. Super ! A 57 ans, j’ai encore le temps d’en voir !

Il n’y a que la licence, que je ne verrai sûrement pas, mais comme dit Jacques : <>. ALORS LA !

Après tout ça ! M’arrive-t-il d’avoir un peu peur ? HEU ! Oui parfois ! Alors ! Les plus grandes frayeurs ? C’est de monter et de descendre de l’avion au sol. Ce qui serait impossible d’ailleurs sans l’aide des commandants de bord - singulier le commandant de bord qui aide le copilote à monter. Puis de prendre la voiture pour aller à l’aérodrome, moi je trouve l’automobile plus dangereuse que l’avion.

Pour le reste pas de problème, je prends ma cellule un peu endommagée- il n’y a que celle de l’avion qui ne doit pas l’être- sans oublier mes deux coussins pour me rehausser et m’avancer dans le F-BULK- Hé oui ! Je ne fais pas partie des géants comme le dernier AIRBUS.

Alors ! Prenez ce que vous avez - vous avez au moins votre tête - et ne restez pas enfermé. Prenez l’air !

J’ai commencé, je terminerai donc, en disant : <>

Encore un petit mot ! J’ai une pensée pour mon père, qui nous a quittés en 1998 : il avait été trois ans dans l’armée, dans l’aviation. Mon frère a une licence de base en planeur, je ne sais plus comment ça s’appelle. Je crois que mon père serait heureux de voir ses deux garçons le manche entre les doigts.

CONSEIL GENERAL DES BOUCHES-DU-RHÔNE Région PACA
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